L’essentiel. Le parallèle avec l’arrivée de la 3D en 1980 tient, et les chiffres le précisent : adoption large, satisfaction faible, inquiétude en recul.
Premier fait à dire tel quel : il n’existe aucun travail universitaire francophone sur l’IA et le cinéma d’animation. Le sujet n’est pas encore traité par la recherche en esthétique. La seule source sérieuse est économique, l’Observatoire de l’IA du CNC, créé début 2024, et son baromètre annuel.
Baromètre de juin 2026 (91 répondants, dont 43 studios d’animation ; le CNC prévient que l’échantillon varie d’une année sur l’autre).
- 82,4 % des studios ont déjà testé l’IA, dont 79,1 % des studios d’animation (+17,3 points en un an) et 97 % des studios de VFX. Parmi les utilisateurs de l’IA générative, 56,3 % s’en servent quotidiennement ou régulièrement.
- Les usages en animation : tester de nouvelles idées (58,6 %, +33 points), assistance à la rotoscopie et au compositing (48,3 %), déclinaison de versions, upscaling, animation des personnages (31 %). Un studio explique s’en servir pour répondre aux appels à projets, en produisant vite un dossier plus visuel à peu de frais.
- Outils cités : ComfyUI, Gemini, Claude, ChatGPT (en recul), Runway. Les outils développés en interne progressent de 13,6 points. Le CNC note que « tous ces outils émanent de sociétés implantées aux États-Unis ».
- La satisfaction est la plus basse en animation : 47,7 %, contre 75 % en postproduction, et seulement 5,3 % d’entièrement satisfaits tous secteurs confondus.
- Limites citées par les utilisateurs : qualité insuffisante (55,7 %), manque de continuité entre les versions (48,6 %), ce qui est précisément le problème d’un art de la continuité, et biais culturels (44,3 %).
- Raisons des non-utilisateurs : problèmes juridiques (73,9 %), impossibilité de remplacer la créativité humaine (60,9 %), problèmes éthiques (52,2 %).
- L’inquiétude recule : la part des studios d’animation attendant un impact fort perd 9,6 points, et les destructions d’emploi anticipées perdent 12,7 points, à 35,7 %. Mais l’impact est déjà observable pour 35,9 % des studios d’animation et 67,9 % des studios de VFX.
À projeter plutôt qu’à débattre : « Ugly » de Nikita Diakur, qui travaille entre 3D et IA. C’est le seul endroit où l’IA est à l’écran et pas dans une discussion.