Comprendre l'animation · Comment on fabrique

Les techniques, et ce que chacune impose

L’essentiel. Chaque technique impose une contrainte physique, et c’est la contrainte qui fabrique le style.

  • Peinture sur verre : plaque rétroéclairée, caméra au-dessus, et on efface l’image précédente à chaque prise, donc il ne reste rien du film à la fin. Variante : la caméra multiplane, banc-titre à plusieurs niveaux, qui joue la profondeur et permet de travailler à plusieurs. Alexandre Petrov y a fait presque toute sa carrière, en gagnant plus sur un spot publicitaire de vingt secondes que sur un film entier.
  • Sable animé : les mêmes auteurs passent souvent de l’un à l’autre (Caroline Leaf, Nag et Gisèle Ansorge).
  • Peinture sur pellicule : Florence Miailhe en a fait les trois quarts de ses films.
  • Animation directe sur pellicule : gravure, peinture, collage, sans caméra, donc la technique la plus économique qui existe. Cas limite : Stan Brakhage colle de vraies ailes de papillon de nuit sur de la pellicule vierge (« Mothlight »).
  • Papier découpé, deux familles à ne pas confondre : le puppet (membres découpés et articulés) et le remplacement (une forme neuve redécoupée à chaque image). Révélation utile : « La Planète sauvage » de René Laloux est entièrement en papier découpé par remplacement, fait dans un studio tchèque, ce qu’on ne devine pas. Réputée la technique la plus simple.
  • Pixilation : de la stop motion avec des êtres humains. Norman McLaren remporte pour « Voisins » (1952) l’Oscar du meilleur documentaire, pour un film qui n’est pas un documentaire : pour l’Académie de l’époque, l’animation c’était le dessin animé et à la rigueur la marionnette, la pixilation relevant de la prise de vue réelle. Difficulté réelle relevée par Daria Kashcheeva : le corps humain bouge tout seul, elle a fabriqué des exosquelettes pour supprimer la vibration.
  • Volume : marionnette (bois, silicone), pâte à modeler, cubes, peluche, objets. Jan Švankmajer, « Possibilités du dialogue ».