Comprendre l'animation · Ce que ça permet de dire

L’animation abstraite

L’essentiel. Le pendant exact du rapport au réel : le rapport au non-réel. C’est aussi le sujet le moins servi par la recherche francophone.

  • Oskar Fischinger est la figure centrale, et il n’est pas un marginal : il a travaillé sur Fantasia, avec Jules Engel, sous la direction musicale de Leopold Stokowski. L’abstraction a donc traversé le plus industriel des studios.
  • L’analyse à retenir porte sur « Motion Painting No. 1 », sur le Concerto brandebourgeois de Bach : la ligne de basse s’élargit en même temps que les cercles (rapport isomorphe, par le rythme) et la couleur change avec la hauteur du son (rapport iconique, par analogie). C’est le meilleur point d’entrée, parce qu’il fait travailler ensemble l’abstraction et le son.
  • McLaren cherchait la synesthésie, et c’est à raconter honnêtement : dans sa jeunesse il faisait des « collections d’odeurs » et rêvait d’une musique olfactive ; plus tard il pose des correspondances entre les tons bas et les valeurs sombres, les tons hauts et les valeurs claires, le timbre et la saturation. Et il savait que ces équivalences n’ont aucun fondement objectif : ce sont des associations subjectives.
  • Où chercher : le Center for Visual Music (Los Angeles) détient les papiers et les films de Fischinger et la collection de recherche de William Moritz. Côté français, « Le Cinéma graphique » de Dominique Willoughby (Textuel) prend l’histoire par la ligne et le graphisme. L’ONF met la filmographie de McLaren en ligne gratuitement, ce qui permet de montrer plutôt que de raconter.

Avertissement : il n’existe aucune thèse ni mémoire francophone en accès libre sur ce sujet. La bibliographie universitaire à jour sur Fischinger, Len Lye ou Ruttmann est en anglais, et n’est pas téléchargeable.